mercredi 6 juillet 2011

EDUCATION ET TOLERANCE

Alors que les Gay Prides se terminent, une information venant de Guebwiller en Alsace vient comme une gifle à la face de la République: Un enseignant d'une école religieuse de la ville a été prié de choisir entre démission et cure de désintoxication en Espagne.
Drogue dure, dira t-on? Non, le professeur de 35 ans, dont la compétence professionnelle n'est pas en cause, avait décidé de vivre sa vie de couple avec un homme. En tout bien tout honneur. Dieu merci, c'est le cas de le dire, il a opté avec réalisme pour la démission forcée. Il en a été quitte pour une période de dépression, comme dans tout harcèlement moral. L'école se justifie en affirmant que le mode de vie du professeur est incohérent avec l'éthique de l'établissement.
Je frémis à l'idée qu'il ait pu céder à la deuxième proposition et qu'il ait été perdu non seulement pour l'éducation de nos têtes blondes, mais aussi pour l'humanité. Car ces camps de rééducation mentale ont prouvé leur inefficacité et leur dangerosité pour leurs victimes. Faut-il le répéter, l'homosexualité ne se "guérit" pas, tout simplement parce qu'il ne s'agit pas d'une maladie.
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Education et tolérance livre 1 couple domaine public.
Toutes les tentatives de "guérison" échouent, obtenant au pire une renonciation de la victime à vivre sa vie normalement, au prix de troubles mentaux. 
Outre le sujet du harcèlement moral et du licenciement abusif, il reste le problème de l'école et de son "éthique". Je n'ose imaginer la vie des enfants qui découvrent leur homosexualité dans et en marge de cette école. Si le choix de vie d'un homme de vivre en couple avec un autre homme adulte et consentant est "incohérent" avec l'éthique de l'école en question, alors l'éthique de l'école est incohérente avec les droits de l'homme tels qu'on les conçoit en France. 
Il me semble que le choix à donner à cet établissement doit être soit de renoncer à enseigner à des enfants de France, soit de faire une cure accélérée de "désintoxication" à l'intolérance, se concluant par un abandon définitif des discriminations envers les gays.
J'espère que la Halde aura la volonté et le pouvoir d'imposer une de ces deux solutions. Et que l'Europe se penchera sur l'existence éventuelle d'un camp de torture sur son territoire, en Espagne.

samedi 2 juillet 2011

WOODY L'ENCHANTEUR

J'ai une love story avec Woody Allen. Oh, je sais, il préfère les femmes, et d'après la rumeur elles le lui rendent bien. Je suis d'autant moins suspect d'orgueil ou de vantardise que je partage cet amour avec des centaines de milliers de français. Je ne peux décemment pas avouer quand j'ai commencé, n'étant plus de la fraîcheur du jour.
J'appréhendais pourtant l'arrivée du cru 2011 du grand cinéaste, au vu de critiques très négatives, et car j'ai attrapé depuis quelques mois une cinématose aigüe. J'ai détesté quasiment tous les films que j'ai vu, et comme j'ai moyennement aimé les derniers Woody Allen, je craignais le pire. Il ne rejoignait plus autant mes névroses, il m'embarquait cahin-caha dans ses périples loin de New York. Cette fois il prétendait me faire rêver de Paris, moi qui n'aime Paris que dans la fugacité d'un weekend volé.
Mais dès le début du film, il n'hésite pas à exposer une longue carte postale des coins typiques de Paris sur fond jazzy. Je me sens nostalgique de mes promenades nocturnes lorsque j'ai habité brièvement  la capitale, et la nostalgie ne me quittera pas de tout le film. Le héros a besoin de fuir une famille américaine plus caricaturale qu'un article du New York Post, et une merveilleuse échappatoire se présente.
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Minuit à Paris livre1
Paris recèle bien des surprises, et moi aussi les années vingt sont ma référence d'époque bénie. J'en aime l'art, la décoration, les modes vestimentaires, et je raffolerais d'y vivre, à condition bien sûr de faire partie de ces bourgeois-artistes pour lesquels les salons étaient des cantines. Dans Minuit à Paris, on rencontre du reste des célébrités d'époque, comme Picasso ou Gertrude Stein, excusez du peu. On aperçoit également Le brillant compositeur jazzy Cole Porter, dont les belles chansons d'amour ont dû être écrites en pensant à un homme...
Aussitôt que j'ai connu Marion Cotillard, je lui ai trouvé un visage de Betty Boop. Elle était très jeune, et elle est devenue une très belle femme capable de se fondre dans tous les milieux. Elle est donc parfaite dans le film, le Paris des années vingt, le rôle de la femme fatale, une histoire qui m'a embarquée et dans laquelle j'aurais aimé rester. 
J'ai vu arriver la fin du film avec beaucoup de regrets, et la circulation pour me ramener chez moi avait des allures de rallye Hispano-Suiza et Bugatti. Ma nostalgie n'est pas une fuite du temps présent, l'inventivité révolutionnaire des années vingt sont une source de modernité dans notre décennie un peu décadente. 
Un motif d'espoir, qui donne envie d'être heureux à Paris à minuit, ou ailleurs ici et maintenant. Tout comme Minuit à Paris, le film de Woody Allen.