Je reviens sur l'actualité du jour : la négation des déportations homosexuelles par un député UMP.
C'est gravement choquant, car il y a suffisamment de témoignages et de preuves historiques pour convaincre toute personne de bonne foi. De nombreux homosexuels ont été déportés et torturés par les nazis uniquement parce que leurs préférences allaient aux autres hommes.
Il est également affligeant que ce soit un député de la République, investi par le parti au pouvoir, qui se permette de contester cette évidence. On comprend que dans la stratégie extrême-droitière d'un mouvement aux abois qui veut conserver le pouvoir, la minorité des gays représente une fois de plus un bouc émissaire pratique. Il est tellement aisé de tirer sur ces faibles qui apprennent dès les cours de récréation à raser les murs et à se taire.
C'est plus facile que de leur accorder les pans d'égalité qui leur manquent, l'accès au mariage et à l'adoption, la protection des gays mineurs. C'est plus facile et bien lâche. C'est pourquoi j'espère que ce député sera condamné en justice pour ce qu'il a dit.
L'Histoire de France, elle, retiendra comme elle l'a toujours fait les avancées courageuses, l'abolition de l'esclavage, celle de la peine de mort, et peut-être demain l'égalité accordée aux personnes que la nature a faites comme elles sont. Le racisme aura toujours le temps contre lui, autant le reconnaître dès maintenant.
(Billet écrit le 15 février au matin, avant les différentes réactions politiques)
Il n'existe que deux manières de gagner la partie : jouer coeur ou tricher.(Jean Cocteau)
mercredi 15 février 2012
mardi 7 février 2012
UNE VIE DE CHIEN
Libellés :
récit autobiographique
Je sais qu'un chien n'est pas un être humain. Mon cerveau le sait, mais mon cœur est sans calcul. Pendant douze ans celle-ci a accompagné nos espoirs et nos questions, nos erreurs et nos peines. Elle nous parlait, dans son chien-langage elle tenait de longs discours qui traversaient ses yeux. Elle frétillait de nos joies comme elle aboyait pour couvrir nos inquiétudes. Et soudain c'est le silence.
Quelle mouche nous avait piqué d'aller chercher un chien à quatre cent kilomètres ? Nous étions retournés à Lyon car rien ne saurait être bon qui ne vienne de notre capitale des Gaules. L'élevage était submergé de vingt cinq chiots, toutes les saillies avaient été incroyablement prolifiques. Mais aveugle à tous les autres, je n'en avais vraiment vu qu'un, sans raison. Parce que c'était elle, point.
Quelle mouche nous avait piqué d'aller chercher un chien à quatre cent kilomètres ? Nous étions retournés à Lyon car rien ne saurait être bon qui ne vienne de notre capitale des Gaules. L'élevage était submergé de vingt cinq chiots, toutes les saillies avaient été incroyablement prolifiques. Mais aveugle à tous les autres, je n'en avais vraiment vu qu'un, sans raison. Parce que c'était elle, point.
Le petit bout de peluche avait vaillamment supporté le voyage interminable, avant de sombrer à l'arrivée.
Une vie de chien 1 tous droits réservés
Depuis qu'hier soir elle nous a quitté sans un reproche, elle est partout. Mon oreille affirme entendre son doux gémissement derrière la porte où elle nous attendait le matin. La neige a conservé ses traces partout dans le jardin. Je crois qu'elle va surgir de l'angle de la maison, joueuse et attentive. Que ce n'était qu'une mauvaise blague, elle ne se cachera plus sous le cyprès, c'est promis, elle ne savait pas. Hélas mes sens me trompent.
Lors de sa confirmation de chien de race, elle avait bluffé le juge, premier grade de championne, meilleure de sa race, douce et ferme comme une grande. Elle savait dissuader les visiteurs importuns, indifférente à leur nombre. Elle pouvait aussi accueillir nos invités, tout en les gardant au coin de l’œil. Elle ne nous a jamais déçus.
Lors de sa confirmation de chien de race, elle avait bluffé le juge, premier grade de championne, meilleure de sa race, douce et ferme comme une grande. Elle savait dissuader les visiteurs importuns, indifférente à leur nombre. Elle pouvait aussi accueillir nos invités, tout en les gardant au coin de l’œil. Elle ne nous a jamais déçus.
Une vie de chien 2 tous droits réservés
Elle cultivait la simplicité, son plaisir suprême n'était pas plus compliqué qu'un quignon de pain.
Elle a été la première à comprendre que cette maison serait parfaite pour nous. Quand bien même ce serait sa dernière.
L'information nous a été livrée avec la nouvelle année : notre compagne aussi avait adopté un animal, le crabe ne l'a plus quitté. Elle a fait semblant jusqu'au bout, hier encore elle jouait les jeunes chiens.
Gabriel m'entoure de ses bras, nous ne faisons plus qu'un.
L'écran vacille, le clavier est-il imperméable ?
Elle a disparu, elle n'était qu'un chien, mais je ne regrette rien de rien.
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