Il faut dire qu'en pleine guerre de religions, à la veille de la Saint Barthélémy, il ne fait pas bon se tromper de camp. Le comte de Chabannes, joué par Lambert Wilson, l'apprend à ses dépens, proscrit pour ne pas savoir choisir et s'y tenir.
Marie, elle, est aimée. Par son mari, son précepteur, son ancien amant, et même le duc d'Anjou, héritier de la couronne. Elle navigue dans les sentiments entre ces personnages, et y perd son honneur et ses illusions.
Le spectateur en revanche ne peut être qu'ébloui devant une telle richesse de moyens au service du film.
Les costumes sont d'une vérité et d'une perfection à tomber, comme les décors et l'image. On signalera d'ailleurs que tout le début du film est tourné au château du Plessis-Bourré, à quelques kilomètres d'Angers. Pour l'avoir visité cet été, je conseille les extérieurs, très spectaculaires, qui justifient amplement l'aumône que l'on verse pour les parcourir.
Bertrand Tavernier a fait traverser la France à des meubles d'époque pour garantir l'authenticité du banquet dans la grande salle du château, de même qu'il a soigné les tenues, jusqu'au dernier spadassin au fond d'une scène de bataille.
Son casting également est irréprochable. Tous les comédiens sont crédibles et fins dans leur jeu.
J'ai apprécié le personnage du futur Henri III, nullement caricatural pour une fois, quoique ses affinités soient passées sous silence. Joyeuse est là, mais leur relation n'est pas évoquée.
La scène avec Catherine de Médicis est remarquable, on plonge dans un tableau du XVIème, fidèle en tous points à la petite histoire. Cette femme a participé à l'une des périodes les plus noires de l'histoire de France en important les mœurs florentines à la cour de France. On aimerait ne pas revivre la même période, sachant que le rejet d'une religion minoritaire et les intrigues politiques sur fond de crise économique ont provoqué cette débâcle.
Un film en costumes de cette qualité ne se voit que tous les dix ans.
Tournage au Plessis-Bourré
Je sais, en ce moment je suis un peu trop enthousiaste à propos de cinéma, il faudrait que je trouve vite à te parler de poésie ou d'états d'âme avant la sortie du prochain Ozon, sinon ce blog va bientôt n'être plus qu'une critique ciné. ..
Pas facile, "Potiche" sort le dix novembre!